Notre Association possède une belle collection de cartes postales anciennes de la ville de Gray.
Ces cartes proviennent des collections personnelles de nos adhérents. Ce sont des photos du début des années 1900. Ce qui explique leur état pour certaines. Mais, néanmoins, elles ne manquent pas d’intérêt. Au contraire . . . .
Certains messages écrits à même la photo sont touchants et rappellent l’époque. Celle de la guerre de 14/18.
Nous avons décidé de vous en faire profiter
.
-=-=-=-=-=-
Lors de la visite, en image, de nos rues et places, vous en avez certainement reconnu la plupart, même si certaines ont ‘’un peu’’ changé de Look.
Mais leurs noms, en connaissez vous l’origine ? ?
Nous allons vous proposer, à la suite des photos, un document qui vous éclairera à ce sujet.
La gare de chemin de fer ayant été installée à l’extrémité Ouest du quai Villeneuve, les Graylois devaient faire un long trajet pour y accéder, ne pouvant passer que par le pont de pierre existant. Il fallait donc une nouvelle voie partant du haut de la ville et arrivant directement face à la gare d’où la nécessité de la construction d’un nouveau pont.
- Le 15 juillet 1856, 10 personnes constituent un conseil d’administration provisoire d’une Société à créer pour étudier la construction du pont.
Plusieurs idées furent émises par des ingénieurs : construire un pont en pierre ou en pierre et fonte… .Finalement la solution retenue fut un pont suspendu, ceci pour 2 raisons : un pont de pierre n’est guère possible au milieu d’un port où la navigation est intense et puis les récentes inondations (1840) ont montré la nécessité d’un libre écoulement de la Saône.
Une souscription est lancée et le 1er août 1856 : toutes les actions de la Société sont souscrites : 160 000 francs (coût de la construction) et un nouveau conseil d’administration est constitué. Un directeur est nommé, chargé d’obtenir l’autorisation de la construction et de négocier les conditions de la concession prévue pour une durée de 75 ans.

Le conseil municipal demande que la dépense de la construction soit couverte par le produit d’un péage, la ville n’ayant pas les ressources nécessaires. Deux projets sont en concurrence : un pont suspendu en fer et un pont de pierre avec 4 arches.
Il faut attendre 2 ans pour que le préfet demande :
- le dépôt des 2 projets à la mairie de Gray
- l’ouverture d’une enquête pour se prononcer sur l’utilité de la construction d’un pont, la préférence donnée aux 2 projets et la tarification pour le péage.
- Le 26 novembre 1858, le conseil général des Ponts et Chaussées donne son accord au projet de pont suspendu et la tarification est approuvée. Ce pont a une longueur de 104 mètres, une largeur de 4,5 mètres plus 2 trottoirs d’un mètre. Les câbles porteurs en acier de 20 cm de diamètre et d’un poids de 10 tonnes chacun, reposent sur 4 tours crénelées. L’ouverture au public a lieu le 10 janvier 1862.
Le Préfet fait publier le 25 avril 1868 un arrêté réglementant la circulation sur le pont. Seuls les militaires étaient exemptés du droit de péage quand ils étaient en service et certains fonctionnaires de l’octroi dont le bâtiment faisait face à celui du gardien. Le poids des véhicules et le nombre des animaux étaient réglementés.
* La troupe devait rompre le pas pour le traverser et circuler sur deux files, la cavalerie au pas sur une file, l’artillerie par pièce isolée,
* la mise au pas des chevaux pendant la traversée du pont,
* Interdiction de ne dételer aucun des chevaux pour le passage du pont,
* Interdiction de secouer les tiges qui soutiennent les poutrelles,
* Obligation de paiement du péage par toute personne engagée sur le pont.
A ce propos les deux receveuses du droit de péage logées dans l’octroi ne se laissaient pas frustrer ni l’une ni l’autre, des deux sous de taxe, prix du passage du piéton. Le distrait ou le mauvais payeur s’entendait héler et rappeler à l’ordre.
La tâche des receveuses avait été considérablement compliquée lors de l’apparition des autos. Elles éprouvaient de graves difficultés à les faire circuler "au pas" dans la traversée du pont. Le passage des voitures à grande vitesse occasionnait un bruit de claquettes produit par le déplacement des planches du tablier qui s’entendait jusqu’en ville et le chauffeur et aussi les cyclistes brûlaient le guichet et alors adieu le péage !
La ‘grande vitesse’ des autos était aussi le cauchemar de l’entreprise Lortet chargée du remplacement des plateaux du tablier, ceux-ci se disloquaient en effet au passage des voitures allant ‘grand train’.
Il faut se rappeler que cet ouvrage d’art n’était pas sous la responsabilité de l’Etat mais d’une Société actionnaire chargée de son entretien et de sa rentabilité.
Malgré les règlements de circulation du pont, des accidents se produisirent plusieurs fois.
-L’accident du 27 septembre 1897 : Deux attelages revenant de la gare s’engagent sur le pont. La première voiture tirée par deux chevaux est chargée de quatre demi- muids de vin, la seconde est chargée d’un demi-muid. Arrivé à l’autre extrémité du pont, le premier conducteur entendant un craquement, fait accélérer ses chevaux et avertit le deuxième lui demandant de s’arrêter, mais le tablier du pont se dérobe sous ses pieds sur une surface de trente mètres carrés. Son cheval et le chariot sont précipités dans la Saône tout près de la berge. Le cheval est noyé. Le conducteur, lui échappa à la noyade.
Suite à l’accident et après la réparation du pont, le Préfet prend un arrêté réglementant la circulation en limitant le poids des véhicules. Le 9 mai 1898 ont lieu des épreuves pour tester la solidité du pont. On fait se croiser deux chargements de 5 tonnes pendant une heure. Les essais étant concluant, le pont est ré-ouvert. D’autres essais auront lieu en 1903 et 1908.
La construction du pont semble rentable puisqu’en 1863 un dividende est distribué aux actionnaires mais en 1865 la Société concessionnaire souhaite une augmentation des droits de péage. Les Graylois sont excédés de payer une taxe et le conseil municipal s’engage à le supprimer mais sans résultat.
- En 1908, le conseil d’arrondissement souhaite le rachat du pont, vœu adopté par le conseil général. On estime la valeur du pont à 30.376 francs sur la base du coût initial. Le pont semble en bon état mais il y a tout de même des réfections importantes à programmer. Le Préfet déclare qu’en cas de rachat, il faudra décider de son remplacement soit par un pont de pierre soit un pont à tablier métallique. Devant la difficulté de réunir les fonds nécessaires, le Préfet voit la nécessité de solliciter des souscriptions et subventions auprès de particuliers et collectivités.
Les souscriptions vont bon train auprès des municipalités (Nantilly, Beaujeu, Cresancey, Gray…..) mais l’administration des travaux publics est réticente concernant le passage sous le pont qui est insuffisant et le passage du "tacot" se faisant avec une visibilité réduite. Cette administration émet des conditions à la construction d’un nouveau pont : problème d’écoulement de la Saône…..Il en résulte que la construction d’un pont en pierre a un coût très important. Après une étude financière de toutes les parties prenantes, le conseil général ajourne sa décision et le pont suspendu restera en place.
- L’accident du 25 mai 1934 : Vers 23h30, un conducteur s’engage sur le pont avec un camion Berliet pesant 6,2 tonnes chargé de 7,5 tonnes de sel, le pont étant limité à 3 tonnes. Le véhicule s’est-il à peine engagé sur le pont que le conducteur entend un craquement inquiétant. Le plancher du pont cède dans un grand fracas et le chargement se retrouve 7 mètres plus bas sur la route le long de la Saône. Le camion est peu endommagé et le conducteur est indemne. Le chauffeur a repris la route le lendemain. Le pont a subi d’importants dégâts qui ont nécessité 2 mois de travaux.
- 1er mars 1937, le pont suspendu est gratuit. Les automobilistes s’en donnent à cœur joie en circulant à grande vitesse. Le pont peut devenir dangereux, alors la Préfecture instaure une réglementation sévère ce qui ne plait pas à la population Grayloise, car des agents sont mis en place pour verbaliser. Les perceptrices de péage éprouvent de grandes difficultés à faire respecter le règlement:
- Interdiction de circuler à plus de 5 km/h
- Interdiction de stationner sur le pont
- Passage interdit aux voitures de plus de 3 tonnes
- juin 1940 : Le pont suspendu est détruit pour retarder l’avance des armées allemandes. Le tablier est séparé des câbles qui le retiennent. Il restera dans cet état durant toute la durée de la guerre.
- 1945 : le conseil municipal s’oppose à la reconstruction d’un pont à l’identique et demande un pont en dur permettant le passage des camions.
- 1947 : Le ministère des travaux publics décide que le pont sera reconstruit à l’identique mais avec une chaussée de 5,5 mètres en bois et des trottoirs d’un mètre, mais il faut alors déplacer les piles du pont !, donc perte d’argent et de temps. Le projet est à nouveau abandonné !
- 1948 : En janvier le conseil général demande un pont moderne de 4,5 mètres de large pour que les 4 tours soient utilisées. Le ministère autorise la reprise du projet d’un pont suspendu métallique d’une portance de 25 tonnes. Le prix est très élevé et une difficulté d’approvisionnement en acier. On revient alors à la solution de 1947. Après examen des matériaux restés en place, le doute s’installe, les câbles porteurs sont à changer car oxydés et il est difficile de trouver une entreprise qui fabrique ce genre de câble.
Finalement la décision est prise : On détruit le pont et on le remplace par un pont en béton avec 5 piles.
- 1949 : Le 27 août,le pont suspendu commence à être détruit. Les câbles métalliques sont sectionnés par des charges explosives placées au sommet des tours puis les tours sont dynamitées. Elles tombent sur le chemin en se sectionnant et montrant de magnifiques pierres de taille qui ont été pour la plupart mises en Saône à la baignade de Velet.
- 1951 : le pont suspendu est remplacé par un pont en béton avec 4 piles
Le nouveau pont est inauguré le 22 avril 1951, en présence du Secrétaire d’Etat à l’air et du Sénateur-Maire de Gray, avec survol d’avions au dessus de la nouvelle construction.
-----oooooOooooo-----
Ce document a été réalisé avec l’aide précieuse du livre de Mr Michel MAUCLAIR, «La Saône», et avec son autorisation.
Nous l’en remercions très amicalement, et espérons le voir un jour prochain parmi nous.
+++++++++++++++
Depuis toujours, la ville de Gray a su profiter de la Saône, pour son commerce, pour son tourisme, mais tout simplement pour le charme de ses quais. Mais elle a dû aussi, trop souvent, subir ses caprices, ses colères, ces vicissitudes.
En voici quelques témoignages.
Nous en avons terminé de notre promenade/visite de la partie communément appelée "le bas de la ville".
Certainement des souvenirs, mais peut-être aussi des surprises ou des découvertes.
Direction maintenant vers le "haut de la ville " et pour s'y rendre, l'artère principale à l'époque : "La Grande Rue".
Cet ouvrage a été écrit en 1971 par Mr Claudius BROCARD, pharmacien à Gray. Avec l’accord de sa fille Madeleine, nous l’avons recopié, parce que inutilisable tel quel (mauvais tirage rendant impossible la numérisation)
La ville de Gray possède 97 rues et 4 places et l’histoire de leurs noms est intéressante à connaître : tel est le but de cette causerie.
Comme vous le pensez, les noms ont changé suivant les événements, et nous ne mentionnerons que quelques dénominations d’avant 1789 : Rue de la Porte-Haute, Rue Notre Dame, Rue Saint Nicolas, Place de la Fontaine des Tiercelines, Rue de Glapigney ou de la Glapinière, Rue du Vieux Marché, Rue des Carmes, Rue des Carmélites, Rue des Cordeliers, Place de la Maison de Ville, Rue du Gand Potet, Rue des Annonciades, Rue des Boudins, Rue du Saint Esprit . . . Mais en Avril 1793, le Conseil Municipal, sous l’invitation du Maire, et après avoir entendu le Citoyen-Procureur de la commune, avait changé toutes les dénominations des rues, en proposant des noms de rues qui rappelaient aux citoyens leurs droits et leurs devoirs, en retraçant les grandes époques de la Révolution, unissant aux idées fondamentales de Liberté et d’Egalité, celles d’union, de bienfaisance et de Fraternité, et c’est ainsi qu’on vit apparaître sur les plaques de dénomination des rues, exécutées par des artistes rétribués par la Ville, les noms de : Porte de la Révolution, Faubourg de la Révolution, Place de la Révolution, Rue de la Propagande, Rue du 14 Juillet, Place de l’Union, Place des Droits de l’homme, Rue de l’Egalité, Rue Voltaire, Rue de la Fédération, Rue Rousseau, Place Rousseau, Rue Tricolore, Place de la Liberté (de l’Hôtel de Ville), Rue ça Ira (rue des Ursules), Rue de la Constitution, Rue de la Convention, Place Jemmapes, Rue Valmy, Rue des Marseillais (Rue Vanoise), Rue des Fédérés, Rue de la Fraternité, Place de la République, Rue de la République (Grande Rue), Rue du 21 Septembre, Place de l’Espérance, etc . . .
En 1827, l’esprit révolutionnaire s’étant un peu calmé, les rues retrouvèrent pour la plupart leurs anciennes dénominations, dont certaines demeurent encore aujourd’hui, tandis que d’autres ont disparu, et parmi lesquelles il faut citer :
Rue des Boudins, Rue du Pont, Rue de la Tuerie, Quai du Port, Rue des Marais, Place d’Armes, Rue et Place des Carmélites, Rue des Béguines, Rue des Cordeliers, Place Royale, Rue Taclet, Rue Saint André, Rue de la Porte Haute, Rue Saint Nicolas, Rue des Tiercelines, Quai Saint Esprit et quelques autres encore dont je vous fais grâce.
Tenons-nous en donc aux noms actuels, et que nous connaissons en grande partie, et cherchons en l’origine. Je crois pourtant utile de vous rappeler qu’il existait autrefois trois portes, et de nombreuses tours dont on trouve encore quelques vestiges en observant bien les vieux murs en hiver, lorsqu’ils sont dépouillés des feuillages qui les recouvrent : c’est ainsi qu’on peut retrouver vers les anciens bastions, au voisinage de l’Hôtel-Dieu, deux tours tronquées, dont l’une (appelée en son temps : ‘’Tour des amoureux’’) est encastrée dans l’immeuble Turlin, et où se tient l’escalier intérieur. Une autre petite tour tronquée encastrée dans l’immeuble Gavoille, est visible des fenêtres de la bibliothèque populaire. La base d’une tour carrée dite ‘’de Jacques Cadot’’, qui se situait à l’angle du jardin des Cordeliers, est encore visible en hiver, à l’extrémité du jardin du Palais de Justice, dans le Tertre du Palais. Toutes les autres tours ont disparu, il ne nous reste plus que la Tour du château, ou Tour du Paravis, qui ferait, à elle seule tout une causerie, avec tous les grands noms Francs-Comtois et surtout de France, qui ont franchi sa grille au cours des siècles !les recouvrent : c’est ainsi qu’on peut retrouver vers les anciens bastions, au voisinage de l’Hôtel-Dieu, deux tours tronquées, dont l’une (appelée en son temps : ‘’Tour des amoureux’’) est encastrée dans l’immeuble Turlin, et où se tient l’escalier intérieur. Une autre petite tour tronquée encastrée dans l’immeuble Gavoille, est visible des fenêtres de la bibliothèque populaire. La base d’une tour carrée dite ‘’de Jacques Cadot’’, qui se situait à l’angle du jardin des Cordeliers, est encore visible en hiver, à l’extrémité du jardin du Palais de Justice, dans le Tertre du Palais. Toutes les autres tours ont disparu, il ne nous reste plus que la Tour du château, ou Tour du Paravis, qui ferait, à elle seule tout une causerie, avec tous les grands noms Francs-Comtois et surtout de France, qui ont franchi sa grille au cours des siècles !
Rappelons aussi les trois portes :
1° - la Porte de Saône, ou Porte de la Rivière, ou Porte Saint André (patron de la province). Elle se trouvait Rue Thiers (autrefois rue du Pont), entre le N° 15 et le N° 22. Elle avait été construite en 1621 sur les restes d’une ancienne porte. Elle fut rebaptisée en 1821 ‘’Porte Basse’’
2° - la Porte Notre Dame, ou Porte d’Apremont, ou de Besançon et en dernier lieu ‘’Porte Haute ‘’. Beaucoup de vieux Graylois nomment encore cette partie de rue ‘’Rue de la Porte Haute’’.
3° - la Porte ‘’Taclet’’, ou Porte d’Ancier, et comme vous avez pu le remarquer, ce nom a déjà été cité plusieurs fois dans les anciennes dénominations des rues. Il fut en effet, le surnom d’un des Sires d’Ancier, au début du 14° siècle, Gauthiot, dit ‘’ le Taclet’’, acquit de Jannin, dit ‘’Male de Gray’’, un meix*, sis rue du vieux marché, sur lequel il édifia les premiers éléments de ce qui deviendra au cours des siècles l’hôtel Gauthiot d’Ancier, cette famille qui fut une des plus remarquables de la Cité.
*MEIX : Ancien français : Habitation d’un cultivateur, jointe à autant de terre qu’il en faut pour l’occuper et le nourrir (Littré)
Toutes ces portes ont disparu.
-=-=-=-=-=-=-O-=-=-=-=-=-
Pour mettre un peu d’ordre dans l’exposé qui va suivre, commençons par le quartier du bas de la ville, et d’abord les quais :
QUAI VILLENEUVE :
Sous Louis XVIII, les besoins de la navigation réclamaient impérieusement l’établissement d’un quai pour faciliter les abords de la Saône. On ne songea plus à la rive gauche, ni à la translation du port. Pour l’entrée et la sortie des marchandises, le chemin de halage existant était devenu impraticable. Le Gouvernement alloua des fonds. Le Conseil Général alloua à cette destination une somme considérable. Plusieurs négociants lyonnais payèrent généreusement l’hospitalité qu’ils avaient toujours reçue à Gray. Le 1er Septembre 1824, Monsieur de Villeneuve-Bargemon, Préfet de 1815 à 1825, posa la première pierre de ce quai. La Ville de Gray voulut laisser un témoignage de reconnaissance envers le magistrat, en donnant au nouveau quai, le nom de Quai Villeneuve ou Port Villeneuve.
QUAI MAVIA :
Deux origines à ce nom. Mavia aurait été un propriétaire qui vivait vers 1700, et aurait donné son nom à ce quai. Aucune preuve à la véracité de cette origine. MAVIA = MALE VIA : route dangereuse . . . En effet, Gray est sur une hauteur qui domine le cours de la Saône, à une faible distance de l’ancien gué d’Essertey, dont le passage a dû être souvent et vivement disputé, ainsi qu’en témoigne la désignation de ‘’Pré de la Bataille’’ qui se trouve à côté . . . d’où une mauvaise route à fréquenter, Male Via : Mavia.
QUAI SAINT ESPRIT :
Se trouvait entre le Pont de pierre et le moulin, devant l’hôpital du même nom, à l’emplacement de l’actuelle maison de maître Laviron. Ce quai fut remblayé et l’on édifia la place, l’actuelle Place du Quatre Septembre, baptisée ainsi en Février 1902, pour commémorer la proclamation de la 3ème République à la suite de la chute du second Empire, après la capitulation de Sedan.
QUAI VERGY :
Le nom de cette illustre famille a été donné au quai et à la petite rue avoisinante, parce qu’ils étaient proches du grand pré qu’elle possédait. Les Vergy étaient une des plus vieilles familles de Bourgogne (la souche se trouve en Côte d’or), fameux dans la guerre, honorés dans l’église, puissants par l’étendue de leurs terres et le grand nombre de leurs vassaux. Quatre sires de ce nom : Claude 1er, François, Claude II, et Clériadus se succédèrent dans la charge de Gouverneur de la Province. Antoine fut archevêque de Besançon, de 1502 jusqu’en 1541. Le château de Gray était leur résidence habituelle, d’où ils régissaient les terres d’Autrey et de Champlitte, qui étaient les plus beaux fleurons de leur couronne de Comtes.
RUE DE PARIS :
De ce quai, la rue de Paris, sans doute parce qu’elle est celle qui amorce la route qui conduit à la Capitale, joint le Pont de Pierre à l’avenue Charles Couyba. Là nous empiétons sur Arc les Gray, mais il est bon de rappeler que ce fils d’aubergiste de Dampierre sur Salon fut longtemps Sénateur de la Haute Saône, Ministre du commerce, puis de l’instruction publique, instigateur de l‘enseignement de l’Art à l’école, homme de lettres, fin poète, chantre du terroir, chanteur compositeur à Montmartre sous le nom de Maurice BOUKAY, dont les moins jeunes d’entre nous ont fredonné les charmantes ‘’Stances à Manon’’, et ‘’Fermons les rideaux’’, et bien d’autres qu’il nous arrive parfois d’entendre, avec surprise, fredonner par des jeunes chanteurs modernes.
Pardonnez-moi cette digression . . . et entrons en ville.
AVENUE CARNOT :
Ancienne rue des prés, débaptisée en 1902. Le nom qui lui fut donné est plutôt celui de Sadi CARNOT, petit fils de Lazare CARNOT, mathématicien et Conventionnel français, organisateur des victoires de la 4ème République, dont le fils, Nicolas Sadi, père du premier nommé, est le créateur de la thermo-dynamique *. Sadi CARNOT dont l’avenue porte le nom, fut Président de la République en 1887, et assassiné à Lyon en 1894 par l’italien Caserio Giovanni. Seule une partie de l’ancienne rue des prés a perdu depuis peu son nom, depuis que l’artère qui part de l’avenue Carnot et gagne la baignade, porte le nom général de ‘’Rue de la plage’’.
Un de nos amis, m’a fait parvenir, cette petite mise au point concernant le Sadi Carnot de notre Avenue :
: ‘’Le Président de la République, Marie-François Sadi, dit Sadi Carnot, assassiné par l’anarchiste italien Casério en 1894, était bien le petit-fils de Lazare (1753 – 1823), mais son père était Lazare-Hippolyte Carnot, le second fils de Lazare et ministre de l’Instruction Publique en 1848, et non Nicolas-Léonard Sadi Carnot (dit aussi Sadi Carnot) fils ainé de Lazare et créateur de la thermodynamique.
Autrement dit, le Sadi assassiné était le neveu et non le fils du Sadi thermodynamicien.’’
AVENUE DE VERDUN :
Est-il besoin de dire ce que représente ce nom, synonyme de courage, de foi, et de ténacité des héros de cette terrible bataille de la guerre de 1914/ 1918. Ce petit village qui, de nos jours, est encore un des hauts-lieux de pèlerinage du souvenir.
RUE THIERS :
Ancienne rue Saint André et rue du Pont, rebaptisée en 1902, en hommage à l’Homme politique connu, Président de la République en 1871 et dont le nom est attaché à la libération du territoire après la guerre et l’occupation Allemande.
RUE GAMBETTA :
Ancienne Rue Saint Esprit, pour les mêmes raisons que l’ancien quai, rebaptisée le 16 Février 1883 du nom du grand républicain, homme politique connu, Président de la Chambre en 1878, Président du Conseil en 1881.
PLACE Edmond BOUR :
Carrefour central de la ville basse, où convergent et se croisent la grande rue et son prolongement la rue Gambetta, d’une part et la rue Vanoise et son prolongement la rue Mavia, . C’est un autre élève remarquable du collège de la ville, qui lui a donné son nom. Il était né à Gray le 19 Mai 1832 et mort à Paris le 8 Mars 1866. A peu près contemporain de Cournot et fut reconnu comme un très brillant mathématicien.
Mr Didier Krackenberger, m’a fait passer un commentaire très intéressant, fruit de ses recherches, concernant cette place :
« Initialement l’actuelle rue Gambetta et la Grande Rue ne faisaient qu’une. Des immeubles se trouvaient à l’emplacement de la place Edmond Bour. Ils ont été abattus pour permettre l’ouverture de l’actuelle rue Mavia que l’on retrouve sous différentes appellations, rue Neuve Vanoise, rue Neuve Mavia, puis rue Mavia, avec une distinction sur la fin avec la place Edmond Bour.
Ce changement d’appellation date de 1896. »
RUE VANOISE :
Quatre origines :
Vanoise, dégénérescence probable du mot ‘Viennoise’, peut-être à cause d’une colonie commerçante, venue de Vienne en Dauphiné constituée par des tanneurs et des drapiers qui s’y étaient installés.
Une autre plus sérieuse : autrefois Vannoise s’écrivait avec deux ‘N’. Le mot venait du terme géographique, en effet, sur le plan des fortifications de Gray qui se trouve dans l’histoire écrite par les abbés Gatin et Besson, le canal dit ‘’du Moulin’’, passait à l’emplacement de l’actuelle rue Vanoise. Or le mot ‘’vanne’’ vient du latin ‘’vanna’’, qui veut dire aussi ‘’moulin’’, ‘’réserve de pêche’’. On trouve d’ailleurs dans la région plusieurs noms de cours d’eau ayant la même origine : le Vannon, la Vanoise, affluent de la rive droite de l’Ognon à Servance. On trouve ce terme de Vannoise vers la fin du XVIème siècle, ainsi en 1584, il existait un certain Jehan du Moustier dit ‘’Brassier’’, qui était tanneur rue Vannoise.
Le nom peut aussi provenir de vernes ou vannes qui croissaient sur les rives du Drugeon.
D’autres auteurs, notamment PERCHET, avancent l’étymologie celtique ‘’Venn’’ qui veut dire : marécageux.
RUE DE BELFORT :
Le 16 Février 1903, le Conseil Municipal décida de changer le nom de la rue des remparts, par rue de Belfort, pour perpétuer, non loin du monument commémoratif de 1870, la vaillante défense de cette ville, qui soutint un siège terrible, et ne se rendit jamais.
RUE AUGUSTIN COURNOT :
Elle coupe la rue de Belfort, et relie la rue Vanoise à l’avenue Carnot. Elle faisait partie autrefois de la rue des Boudins. Une précédente causerie de Mr le professeur THIARD nous a exposé en détail ce que fut ce remarquable enfant de Gray, qui y naquit en 1801, entra à l’Ecole Normale Supérieure en 1821, fut Inspecteur d’Académie à Paris, Professeur de mathématiques à la Faculté des sciences de Lyon en 1831, Recteur à Grenoble et à Dijon, Commandeur de la Légion d’Honneur en 1861, mort à Paris en 1877. C’est un grand mathématicien dont les nombreux ouvrages dénotent un esprit de premier ordre, et dont la théorie sur le calcul des chances et des probabilités est à la base de toute la cosmographie actuelle et des explorations interplanétaires. En plus de cette rue, on a donné son nom à l’ancien Collège des Jésuites, où d’ailleurs, il était déjà un des plus remarquables élèves.
RUE LOUIS SIRGUEY :
Cet habitant de la ville légua une somme de 50.000 Francs dont les intérêts seraient versés à des familles Grayloises nécessiteuses. En Juillet 1933, le Conseil Municipal décida, en reconnaissance, de donner son nom à la rue qui va de la rue Vanoise à la gare des cars.
RUE des CARRIERES :
Tire son nom des carrières de pierre qu’on y extrayait autrefois.
AVENUE du MARECHAL LYAUTEY :
De la rue des carrières au carrefour Sainte-Anne. Chacun connaît la brillante carrière de ce grand chef, qui joua un rôle immense dans la pacification et le développement du Maroc, mais ce que beaucoup de Graylois ignorent, c’est que, tout jeune chef militaire, il fut nommé Commandant du 12ème Chasseurs à Gray durant plusieurs mois, avant son départ pour le Tonkin. Dans ses mémoires il rappelle le bon temps qu’il a passé à Gray, dont il conservait un excellent souvenir.
AVENUE du GENERAL DE GAULLE :
Du carrefour Sainte-Anne à la route de Besançon, au bas du cimetière. Dédiée au souvenir de l’Homme du 18 Juin 1940, qui redonna l’espoir au pays et sa grandeur à la France.
RUE de RIGNY FONTAINE :
Elle conduit de l’emplacement de cette fontaine Sainte-Anne, jusqu’au petit castel de ce nom, bâti au début du XIXème siècle sur les bases d’un autre, datant de 1610. Une source limpide naît dans ses caves, traverse un très vieux bassin de pierre poli par les ans, et par les nombreux pèlerins qui venaient dans les premiers siècles de notre ère à cet endroit, alors ‘maladrerie’, pour y guérir les maux d’yeux. Aux siècles suivants, le débit assez fort de cette fontaine, qui se déversait au dehors en abondance, était très appréciée par les habitants du quartier. Ceci fut la cause de procès fameux entre la Ville et les propriétaires de la maison, notamment en 1589 et en 1827. La maladrerie de Rigny-Fontaine, sise assez loin des maisons des Perrières, retirée au Grand Chemin, loin de la fréquentation des passants, incitait ces derniers à croire qu’elle était atteinte de la peste. De nos jours, elle est réduite à un filet d’eau extrêmement limpide où croit une fort belle cressonnière.
FAUBOURG et RUE DES PERRIERES :
Ce nom vient du latin ‘’pétra’’ qui signifie ‘’la roche’’. Des carrières de pierre furent ouvertes dans ce coin là au XVème siècle. C’est principalement le quartier des jardiniers où se perpétue encore de vieilles traditions, dont la confrérie de Saint-Fiacre, une des plus anciennes de Gray. Le carrefour Sainte-Anne qui les traverse est ainsi nommé du fait de la présence à cet endroit d’une très vieille statue de la Mère de la Vierge, dont une fontaine depuis peu fermée, portait aussi le nom, et passait autrefois pour guérir les maux de jambes.
Reprenons les rues à partir de la Place du 4 Septembre, déjà nommée :
RUE DES GRANDS MOULINS :
Rejoint cette place au quai Mavia. C’est une rue toute neuve, construite, avec les bâtiments de l’E.D.F., sur l’emplacement des anciens Moulins Tramoy. Les premiers moulins furent construits par les chanoines du Chapitre de Gray en 1334. Francis TRAMOY qui venait faire des achats à Gray, se rendit compte qu’on pouvait fort bien réussir la meunerie sur un port fluvial, mieux qu’on ne le faisait avec l’ancien moulin banal. Il acheta les anciens moulins KORNPROBST en 1803 ; Pour les reconstruire, on y fit entrer toutes les pierres provenant de la démolition de l‘église abbatiale de Theuley. « Nobles débris qu’avait sanctifié la prière, restes imposants auxquels l’Art, sinon la Foi avaient souhaité un meilleur sort ». On y voyait entre autre cette jolie vierge sculptée, dont l’image a été
reproduite dans les colonnes de la ‘’Presse de Gray’’. Les nouveaux moulins fonctionnèrent en 1806 : 1.200.000 Francs furent dépensés pour la nouvelle organisation. Ils furent exploités après la mort de Francis TRAMOY, par ses neveux, en 1822. La dernière des TRAMOY mourut en 1869. Les moulins furent rachetés par une société en 1875 . . . Ils avaient 365 fenêtres, autant que de jours dans l’année, ils étaient un des premiers de France.
Je me souviens qu’à l’Ecole Communale de Louhans, j’avais un petit livre de géographie qui mentionnait en ce sens les Grands Moulins de Gray.
Malheureusement, ils brûlèrent en 1921, dans la nuit du 15 au 16 Janvier, en plein hiver, et cette nuit là, la chaleur était intenable sur le Pont de Pierre.
RUE DE L’ABREUVOIR :
Part du quai Mavia, rejoint, d’une part la Grande Rue, de l’autre l’avenue François Devosge. Il s’y trouvait autrefois un abreuvoir qui alimentait le quartier. Elle mène aussi à la
Rue de l’ARSENAL,
Ainsi nommée en souvenir de l’Arsenal construit en 1543, et brûlé en 1765.
RUE VERSAILLES :
C’est à tort qu’on désigne cette rue en faisant allusion au chef-lieu de l‘ancien département de Seine & Oise, célèbre par son château . . . Il faut se rappeler qu’autrefois, il y avait sur la Saône un important trafic de bateaux chargés de bois, de vins, de grains, et que les quais des bords de la Saône étaient peuplés de tout un petit monde composé en grande partie de ‘’taquiers’’, constructeurs de bateaux longs et lourds, dans lesquels entraient des taques, pièces spéciales de métal . . . Le plus connu d’entre eux et le plus réputé, se nommait VERSAILLE (avec ou sans ‘’S’’). Jean Pierre VERSAILLE , né à Givors le 1er Aout 1788, épouse à Gray Catherine CUGNOT le 26 Mai 1813. Ils ont plusieurs enfants dont : Jean Pierre 1814, Pierre 1820, Jean Léon 1821, et Pierre Joseph 1826. Leur maison qui se trouvait à l’emplacement de cette rue était très connue. Son nom lui est resté. Cette famille VERSAILLE est apparentée au docteur Bergelin.
AVENUE FRANCOIS DEVOSGE :
Anciennement rue du Nouvel Abattoir, autrefois rue des ALTERETS, famille de bouchers de père en fils, puis rue de la tuerie. Né à Gray le 27 Janvier 1732, François DEVOSGE, était le fils du sculpteur Claude François, qui lui enseigna les premiers éléments de son art. Il avait de grandes dispositions pour le dessin, mais hélas, un accident affreux le rendit aveugle à 18 ans. Six ans après, il recouvre l’usage d’un œil, et s’applique avec ardeur à suivre sa vocation. Il se rend à Dijon où il ouvre une école gratuite de dessin. Malgré la Révolution, il maintient son établissement, et y meurt en 1811. Son école comptait plus de 150 élèves dont Petitot, Prud’hon et Rude furent les plus célèbres. Il a laissé des ouvrages qui se font remarquer par la simplicité de leur composition et par la pureté du dessin. Il excellait surtout dans les scènes empruntées à l’enfance et dans les sujets mythologiques. Sa statue, œuvre du sculpteur GRANDGIRARD, orne le côté gauche de l’Hôtel de Ville de Gray.
RUE ROME DE LISLE :
De l’avenue François Devosge au Chemin Neuf. Né à Gray en 1736, Romé de Lisle acheva ses études à Paris. Secrétaire d’une compagnie d’artillerie et de génie, il partit pour les Indes où il fut fait prisonnier à Pondichéry. Revenu en France en 1764, pauvre et malade. Il ouvre un cours de minéralogie, et fait paraitre de nombreux ouvrages, parmi lesquels un traité de Cristallographie, le plus complet qui soit.
Le gendre de Monsieur Hasselot, Mr Blanchot, minéralogiste, me disait il y a quelques années que le Graylois, Romé de Lisle avait une réputation mondiale encore en ce moment, et avait été en son temps, celui qui avait le plus contribué à répandre en France le goût de l’Histoire Naturelle. Son traité de Métrologie sur les médailles grecques et romaines est un ouvrage également très important. Pensionné de Louis XVI, il mourut à Paris en 1790, à l’âge de 54 ans, aveugle et presque oublié de tous. C’est la statue de droite de l’Hôtel de Ville.
RUE PIERRE-PAUL PRUDHON :
De la rue Romé de Lisle à l’avenue François Devosge. Il est né à Cluny en 1758, où il fait ses premières études chez les moines de l’abbaye. Il vient alors à Dijon suivre les cours de François Devosge. En 1780, il entre à l’Académie de peinture de Paris. Pendant la Révolution, il séjourne à Rigny, chez des amis dont il exécute les portraits, pastels qui figurent au Musée de Gray, dans la salle qui lui est consacrée et qui porte son nom. De retour à Paris il accomplit les travaux les plus divers. Il devient portraitiste de l’Impératrice Joséphine et de sa famille. Il sera ensuite le professeur de peinture de l’Impératrice Marie Louise. En 1816, il entre à l’Institut . . . Ami de Mlle MAYER dont il subit l’influence et partage l’affection, il ne se consolera pas de son suicide et mourra en 1823. Prud’hon a laissé des œuvres de tout premier ordre : l’enlèvement de psyché au Musée du Louvre, d’émouvants portraits et le dessin de la Vierge au Musée de Dijon, enfin toutes une série d’esquisses et de portraits au pastel et au crayon qui font la richesse de notre musée, parmi lesquels ceux de la Reine Hortense et de l’Impératrice Joséphine, où l’on peut admirer le charme d’un geste, ou la grâce d’une attitude, rendus avec tout le talent de Prud’hon.
RUE PASTEUR :
De la rue Romé de Lisle à la rue Prud’hon. Est-il besoin de donner des détails sur notre compatriote Franc-Comtois, notre grand Savant National ? Nous connaissons tous Pasteur, né à Dôle en 1822. Ses remarquables travaux sur les fermentations, les maladies des vers à soie, la prophylaxie de la rage, un grand nombre de maladies contagieuses, ont rénové complètement l’art de guérir.
RUE DU 8 MAI 1945 :
Nouvelle rue qui joint le Quai Mavia au Chemin Neuf, baptisée ainsi en souvenir de la fin de la guerre 1939-1945.
CHEMIN NEUF :
Va du Pont Neuf à la rue Rossen. Le Pont Neuf a remplacé l’ancien pont à péage, notre cher vieux Pont Suspendu détruit en 1940. Ce chemin fut décidé en 1855, afin de mettre en communication la partie haute de la Ville avec les quais du Chemin de Fer et le débarcadère du Port. Il fut construit de 1859 à 1862, et assurait plus de sécurité que la Grande-Rue.
Le nouveau chemin forme le prolongement de la rue du Marché, supprime l’ancien hôtel du Sauvage, pénètre en tranchée le coteau derrière l’Arsenal, et aboutit près de la Saône entre les dernières maisons du quai Mavia et l’usine à Gaz. C’est alors une chaussée large, bordée d’arbres qui a l’avantage de réduire de 700 mètres le parcours entre le centre ville et la gare. En 1862, tout était terminé, et comme c’était une nouvelle route, on l’appela le ‘‘Chemin Neuf’’.
RUE NICOLAS MOUCHET :
Ce nom avait été donné à la rue de l’ancien abattoir, qui vient d’être démolie (face à Prisunic). Il sera, à nouveau, donné à celle qui va être reconstruite. François Nicolas MOUCHET naquit à Gray, et fut baptisé à Gray le 10 Février 1749.
Il était le neuvième et dernier enfant de Didier MOUCHET, avocat au bailliage et procureur de la ville. Il a suivi les cours du Collège de Gray, et fréquenta la famille Devosge qui comptait quatre artistes. Denis, Michel (sculpteur), Jean-Claude (architecte), et François cité plus haut et de loin, le meilleur. Nicolas quitte Gray pour Paris où il entre dans l’atelier de Greuze, dont il s’approprie la manière. Il était très habile dans la peinture et le pastel. En 1776, il obtient le premier grand prix de l’Académie de Peinture. Il épouse en 1781 une parisienne Jeanne Elisabeth Guyère, il a 33 ans, et elle 23. Ils ont un fils. Pendant 7 ans, il produisit beaucoup : peintures à l’huile, pastels, miniatures et gravures. En 1792, il adopte avec ardeur les nouvelles idées révolutionnaires. Il est nommé Juge de Paix de la section ‘’Fraternité’’, et agent municipal. Lors de l’envahissement des Tuileries, le 20 Juin 1792, il joue un grand rôle, c’est lui qui viendra en aide à Louis XVI, menacé, en posant sur la tête du Roi, le bonnet rouge qui sauvera la situation. Il est nommé alors Commissaire de la République en Belgique, et fait prisonnier. Il est acquitté, et emprisonné une seconde fois. Il échappera à l’échafaud grâce à la gentillesse de son geôlier. De retour en Haute- Saône, il achète le château de Chantonnay, où il fait ensevelir sa femme et sa fille. Il lui reste deux fils. A l’époque du Consulat, il est contrôleur des Contributions Directes à Gray (1803 – 1804). Il fut professeur de dessin au Collège. C’est lui qui peignit le tableau du Musée reproduisant l’acte héroïque du jeune MILLE, qui arrache à la mort deux jeunes filles qui se baignaient dans la Saône. A 64 ans, il épousa une jeune fille de 16 ans, fille de son fermier. Il mourut à Gray le 10 Février 1814.
RUE DU DOCTEUR PRIEUR :
Lotissement de la Croix-Rossette. Le docteur PRIEUR est né à Gray en 1808 et mort en 1892. Doyen des médecins de Gray, il fut chirurgien de l’hôpital vers 1861. Il traitait par un procédé spécial et nouveau, tous les engorgements ganglionnaires, les abcès froids, et les tumeurs. Dans l’espace de deux à trois semaines son traitement arrêtait la manifestation de cette suppuration, dont la durée était de plusieurs mois, et même de plusieurs années . . . Le Docteur Prieur voulait mettre à la disposition des classes peu aisées, le procédé qu’il avait fait connaître dans un mémoire adressé à l’Académie de Médecine.
Il prévient les indigents qui voudraient se libérer de cette triste infirmité, qu’il les recevra chez lui tous les premier et troisième jours de chaque semaine, de 11 heures à 13 heures pour les traiter gratuitement. Son traitement était à base d’iode. Il reçut une médaille de la Reconnaissance pour sa belle conduite pendant l’épidémie de choléra en 1854. En un mot, ce fut un homme remarquable par l’étendue de son savoir et de son dévouement et je pense lui avoir rendu hommage en donnant son nom à cette nouvelle rue.
Rendons nous, maintenant, à la zone des Capucins, où nous avons dû donner des noms aux nouvelles rues, parfois très courtes qui séparent les constructions modernes. Beaucoup de ces appellations ne demandent aucune explication : rue d’Alsace, rue de l’Europe, rue de Bourgogne, rue de Franche-Comté, rue du Jura, rue de Lorraine, rue de la résistance (celle-ci en hommage à tous les héros, morts ou survivants de cette noble institution), avenue du Maréchal Leclerc, du Maréchal de Lattre de Tassigny, sur lesquels nous n’oserons insister tant ils sont connus de tous ., rue des Ecoles, le long de laquelle se trouvent les groupes scolaires et l’école maternelle.
RUE DU DOCTEUR ZAMENHOF :
Une mention toute spéciale pour l’appellation de cette rue, souhaitée par l’Amicale Espérantiste de Gray pour glorifier le créateur de cette langue universelle qu’est l’Espéranto. Le Docteur ZAMENHOF est né à Bzelostok (ou Bialystok) en Pologne le 15 Décembre 1859, est mort à Varsovie le 14 Avril 1917. Il est nécessaire de lui exprimer notre reconnaissance pour cet admirable instrument de compréhension et de paix qu’il a donné à l’Humanité entière et qui constitue un élément de culture important dans notre Cité, et dont le fervent propagandiste est Monsieur Junier.
RUE DE L’ASPIRANT EDMOND DROUOT :
Fils de notre ancien Député et de la chère Madame Drouot, membre de note Société, que nous complimentons pour avoir été la mère d’un tel héros. Nous nous excusons de raviver son chagrin, en rappelant à tous sa belle citation à l’ordre de l’armée . . . A Lauffen, le 17 Avril 1945, a été surpris par une patrouille allemande, a refusé de se rendre bien que sa situation parut désespérée, a engagé le combat et, est tombé en héros, tué à bout portant par une rafale de mitraillette.
-o-o-o-o-o-o-o-o-
Revenons en ville par
AVENUE DES CAPUCINS :
Rappelons brièvement que cette congrégation de Religieux reçut en 1588, de Renée de RAY, femme de François de VERGY, un terrain assez vaste, où ils construisirent leur couvent et une chapelle qui passa à la notoriété, lorsqu’elle reçut en dépôt de Rose de BAUFFREMONT, épouse de Jérôme d’ACHEY, Bailli d’Amont, mère du futur archevêque Claude d’ACHEY, une petite statuette de bois, sculptée, sur demande de Jeanne BONNET, Salinoise, dans une branche du chêne miraculeux de N.D. de MONTAIGU en Brabant. Cette statuette opéra dans la chapelle des Capucins, de nombreux miracles, et du Vocable de N.D. des Capucins, fut bientôt connue à des lieues à la ronde sous le titre qu’elle porte encore de nos jours, de Notre Dame de Gray. Les Capucins et leur couvent ont disparu, et l’avenue par laquelle arrivaient les quelques SIX MILLE pèlerins journaliers venant par le gué d’Essertey a, envers et contre tout, conservé son nom, comme Notre Dame de Gray, la vénération des descendants des Graylois de ce temps.
AVENUE DE LA LIBERATION
(Ex route de Dôle) Par laquelle les troupes Américaines sont arrivées à Gray en 1944, et nous libérèrent de l’occupation Allemande.
LA GRANDE RUE :
Descend de l’avenue de la Libération à la Place Edmond Bour. Composée de la réunion des anciennes rues dites : de la Porte Haute (comme expliquée précédemment), de la rue des Lombards, allusion aux commerçants de Lombardie qui vinrent s’y installer au Moyen Age, et plus bas, la rue Le Pelletier (peut-être à cause du Conventionnel ?). . . Son nom semble indiquer que c’est une des plus longues du centre de la vieille Ville.
Prenons les rues qui y aboutissent :
AVENUE REVON :
Qui est ce Monsieur Revon ? Adjoint au Maire de Gray le 15 Décembre 1831, puis Maire de la Ville de 1840 à 1867. On l’a appelé ‘’le Baron Haussmann de Gray’’, car il fut à l’origine des grandes réalisations : aménagement des quais, prolongement des rues, installation du réseau d’écoulement des eaux, éclairage au gaz, construction du théâtre, du Pont Suspendu, ouverture des lignes de Chemin de Fer, création du Chemin Neuf. Il eut une conduite magnifique durant les terribles épidémies de choléra de 1849 et 1854.
RUE ROSSEN :
Va du Chemin Neuf à la rue du Marché. La rue du docteur Edmond ROSSEN, s’appelait primitivement rue de la Gare. Il fut pendant un demi-siècle médecin de l’Hôtel-Dieu, il a légué à la Ville 200.000 francs d’autrefois, destinés à employer les revenus à la fondation et l’entretien de SIX lits pour enfants. Ce petit établissement qui fonctionne sous le contrôle du directeur de l’Hôpital, rend de très grands services pour la garde des enfants qui, pour une raison quelconque, doivent être séparés de leurs parents pendant un certain temps : maladie ou accouchement de la mère, etc . . .
RUE LEGROS :
Du Chemin Neuf à l’avenue de la Libération. Personne encore n’a pu donner de renseignements sur l’origine du nom de cette rue. En feuilletant les registres des Délibérations du Conseil Municipal de 1907, on trouve mention d’un Monsieur Simon LEGROS, Sous-Inspecteur des Chemins de Fer à Chalons sur Saône, qui a donné à la Ville de Gray 3.000 francs d’alors, pour envoyer chaque année, un jeune homme né dans note Ville, à l’Ecole Nationale des Arts et Métiers de Chalons sur Marne . . . Il avait également donné 5.000 francs au Musée, où sa veuve a laissé quelques tableaux. Ainsi, comme pour Sirguey, on avait dû, en reconnaissance, donner son nom à une rue. Toutefois on n’a jamais trouvé la décision du Conseil Municipal s’y rapportant.
RUE DE L’ANCIENNE COMEDIE :
De la rue Legros à la Grande Rue. C’est dans cette rue que se trouvait la salle de théâtre avant la construction du bâtiment actuel en 1848. Elle datait de 1800 et était très utile, car il y avait de nombreuses représentations de tous genres. Les ouvriers y allaient le soir avec leur épouse, plutôt qu’au cabaret et bon nombre d’étrangers de passage et de manufacturiers fréquentaient le théâtre. Mais cette salle était trop petite, la rue trop étroite et le voisinage des maisons créait un grave danger en cas d’incendie. Cette salle existe toujours et sert de temps en temps à des réunion.
RUE LOUIS JOBARD :
De la Grande Rue à la rue Victor Hugo. Cette rue s’appelait autrefois rue Saint Nicolas, une statuette de ce saint se trouvait dans une niche à l’angle d’une maison, un petit hôtel portait le nom de celui qui était le patron des mariniers et navigateurs en général, et à qui une chapelle est consacrée à l’Eglise.
Rebaptisée rue Louis Jobard, en hommage au Maître de forges, Conseiller Municipal de 1860 à 1881, Maire de la Ville de 1869 à 1876. Sénateur de la Haute Saône de 1876 à 1891. En 1903, il fit une donation pour prix à la Ville, qui lui dédia cette rue en témoignage d’estime et de reconnaissance. Il mourut le 11 Juin 1907 à 85 ans.
Et rentrons en ville haute depuis la promenade des tilleuls :
PLACE DE LA REPUBLIQUE :
Je suis certain qu’à peine, un Graylois sur cent, sait où se trouve cette place ? C’est celle où se trouve le Monument aux Morts de 1914-1918, aux Tilleuls, au carrefour de l’avenue Revon, de l’avenue Jean Jaurès, de la rue Victor Hugo et de la rue Moïse Lévy.
AVENUE JEAN JAURES :
Plus connue sous le nom de Rue du Cimetière où elle conduit. En hommage au grand orateur socialiste qui fut assassiné à la veille de la Grande Guerre.
RUE MOISE LEVY :
De la Place de la République au Carrefour Sainte Anne, encore nommée par les anciens, rue du magasin à fourrages, qui se trouvait à l’endroit où l’on construit la nouvelle caserne des pompiers. Monsieur Moïse LEVY fut très longtemps Maire de Gray et Sénateur de la Haute Saône. Nommé Maire en 1912, fut réélu plusieurs fois.
Ce fut un homme de bien, très dynamique, c’est lui qui créa et organisa le Refuge Maternel de l’Est aux Capuçins, œuvre particulièrement humaine, sortant à une époque où la mentalité n’était pas la même que celle d’aujourd’hui. Un groupe scolaire moderne, de ce même quartier, porte son nom.
RUE VICTOR HUGO :
Elle s’appela successivement : rue de la Glapinière, ou rue de Glapigney, puis rue des Promenades. Suivant les recherches très précises, de l’historien Graylois JOURDY, il ressort que c’est dans cette rue que naquit, le fameux architecte Hugues SAMBIN, dont Simon GAUTHIOT D’ANCIER fut le mécène, et l’envoya dans sa famille maternelle les CHAMBELLAN, à Dijon, où il devint un grand artiste, dont les œuvres
les plus remarquables se trouvent à Dijon (portail de l’église St Michel, Hôtels particuliers) et à Besançon (Hôtel de Ville, Palais de Justice, Mobilier des Gauthios figurant au Palais Granvelle, etc . . .
Le 26 Février 1902, la Municipalité Grayloise décida, pour commémorer le centenaire de la naissance de Victor HUGO, de donner son nom à la Rue des Promenades, pour rappeler le souvenir de cet homme illustre, grand poète, grand romancier, grand auteur dramatique et homme politique sincère. Bien que né (accidentellement) à Besançon, il n’était pas Franc-Comtois, comme il était admis, il le dit lui-même dans ses vers :
’Alors dans Besançon, vieille ville Espagnole
Jeté comme de la graine au gré de l’air qui vole
Naquit d’un sang Lorrain, et Breton à la fois . . .
RUE DU COMMANDANT CECILLE :
De la rue Victor Hugo à la rue des Casernes. Cette ancienne rue des Murs, dans les fossés desquels, les habitants venaient se cacher, lors des sièges et de leurs dangers. Le Commandant CECILLE n’était pas Graylois. Il naquit à Pontoise, fit ses études à Versailles. Sorti de St Cyr en 1844, il fut affecté au 74ème Régiment d’Infanterie, avec lequel il participa au siège de Sébastopol en 1855, puis en 1859 il fut à Solférino, puis enfin commanda le 1er Bataillon de ce Régiment à Wissembourg, sur les pentes du Guisberg en 1870. Grand blessé, Officier de la Légion d’Honneur, il est libéré le 15 Mars 1871 et mis à la retraite. Il épousa Madeleine PUGNIERE, ils suivirent à Gray, Monsieur DAUR, leur beau-frère, lorsqu’il s’installa à l’actuelle pharmacie VITTER. Il est mort en 1901, et pour honorer sa mémoire, on donna son nom à la rue des Murs.
RUE DES CASERNES :
Appelée ainsi parce qu’elle accède aux casernes où se trouve actuellement le Collège d’Enseignement Technique*. Les Casernes furent construites sur l’emplacement des bâtiments des Cordeliers. Elles furent commencées en 1773, au temps où Monsieur de LACORE était Intendant de la Province, en l’honneur de qui un obélisque portant ses armes figura au milieu de la cour. Elles furent achevées en 1781. Un casernier ou cantinier en assura l’entretien. Elles furent successivement occupées par diverses armes : des chasseurs, des hussards, des cavaliers, puis enfin transformées, on y établit des Gardes Républicains Mobiles, qui n’en occupaient plus qu’un bâtiment, alors qu’un Centre d’Apprentissage des métiers de l’automobile occupait le reste, avant d’être transformé en C.E.T.
*Devenu depuis le Lycée Professionnel Henri Fertet, en mémoire de ce jeune résistant, fusillé à 16 ans le 26 Septembre 1943, à Besançon. Il fut nommé ‘’Compagnon de la Libération’’ à titre posthume
PLACE CHARLES DE GAULLE :
En hommage particulier au plus grand et au plus illustre des Français contemporains, son nom a été donné, cette année, à la Place qui fut toujours celle, dite ‘’de l‘Hôtel de Ville’’ depuis sa construction. L’Hôtel de Ville de Gray a été construit de 1568 à 1571, environ, sous la surveillance de Richard MAIRE. François MORIS eut la charge de la maçonnerie et Pierre ARNOUX collabora un moment aux travaux.
Les colonnes corinthiennes de l’ordonnance inférieure sont en marbre de Sampans et posent sur des stylobates. L’entablement sert d’appui aux baies de l’étage, d’amples rinceaux étoffent leurs couronnements sous une robuste corniche à modillons ponctuée par les chapiteaux composites de colonnes hautes (d’après René TOURNIER).
Lors du 4ème centenaire de cette construction, un petit opuscule édité par le Syndicat d’Initiative de Gray, permet à tous de se rappeler le spectacle ‘’son et lumière’’ qui fut donné, sur son parvis. Ajoutons quelques détails supplémentaires qui n’y sont pas mentionnés et qui ont leur importance : En 1538, le prévôt Simon GAUTHIOT ordonna la démolition de baraques vétustes bordant la Place dite du Vieux Marché, et demanda à la Municipalité d’en réserver l’emplacement pour y construire une ‘’Maison de Ville’’. De plus, le 1er Avril 1539, la Ville acheta de Jean MARLOT drapier à Gray, et de Guillaumette, sa femme, ‘’une maison joignant par devant la place commune du Marché’’ pour 1.892 francs. On peut supposer ainsi que c’est sur ces bases que fut désigné l’emplacement de l’Hôtel de Ville.
En 1568, à l’aide d’un emprunt Communal et d’une imposition répartie sur tous les habitants on construisit l’édifice actuel. Les adjudicateurs de la maçonnerie se nomment François MORIS et Claude GODEMARD. Le ‘’pourtrait’’, c'est-à-dire le dessin de la façade fut fait par Odot AGNUS, receveur de la Ville, et par Nicolas MAURICE, maçon à Champlitte . . .
Vous connaissez la suite. Il convient d’ajouter cependant qu’en 1569, la couverture fut faite par les Tuiliers d’Echevanne : Mrs CHAMBALLON et CARON, avec 40.000 tuiles plombées. En 1571 on y plaça des gargouilles à figures de chimères, mais elles furent supprimées en 1708 parce qu’elles vomissaient du haut de l’édifice de véritables cataractes. Un étroit escalier accédait au 1er étage, ce ne fut qu’en 1836 qu’on procéda à la réfection de cette partie.
Passons rapidement à la RUEet à la PLACE DE L’EGLISE dont la dénomination se passe de commentaires.
PETITE RUE PIGALLE :
Cette rue après l’abside de la basilique, conduit au Musée. Elle rappelle le nom de l’arrière petit neveu du sculpteur, J.B. PIGALLE, petit fils du Baron MARTIN, qui passa son enfance au château, pendant les vacances. C’est lui qui, à l’instigation de Mr Moïse LEVY, légua la fameuse collection des ‘’Prud’hon’’ au Musée de Gray en 1921. C’est pourquoi on a donné ce nom à la petite rue qui conduit au Château.
RUE MAURICE SIGNARD :
De la place de l’Hôtel de Ville à la Place des Casernes, autrefois rue du Palais (de justice). Le Docteur Maurice SIGNARD fut élu Conseiller Municipal en 1872, Maire en 1882, jusqu’à sa mort en 1903. Un monument surmonté de son buste figure dans la cour du château, à l’endroit où il mourut subitement.
Ce fut un ardent défenseur de l’Enseignement Public, et il entreprit, lui aussi, d’importants travaux pour l’embellissement de la Ville : élargissement du Pont de Pierre, mise en service du tramway entre la gare de Gray et celle dite ‘’de Gy’’, acquisition du château et installation du Musée, érection du Monument aux Morts de 1870. Aussi, le 13 Février 1904, le Conseil, sur proposition du Maire, le Docteur RAGALLY, accepta à l’unanimité, de donner son nom à cette rue de la Ville, où réside encore une de ses descendantes directes, Madame CHAUDEY, épouse du Docteur.
RUE DES TERREAUX :
Les terreaux étaient des fossés au XVème siècle, qui se trouvaient au-dessous de la deuxième enceinte du château, dominé par le Château Grillot ou Greyot. Une venelle porte encore son nom. Le Château Grillot ou Greyot, désignait, sous les romains, des retranchements, ou un amas de vivre et de fourrage.
RUE MALCOUVERTE :
Du couvent des Annonciades jusqu’au dessous de la Grande Tour. Les maisons qui la bordaient présentaient des façades en encorbellement qui surplombaient à demi la rue escarpée, ce qui lui valut le nom qui lui est resté de ‘’Malcouverte’’.
RUE DES URSULES :
Entre la place de l’Hôtel de Ville et la rue des Terreaux. Les Ursulines s’installèrent à Gray, à condition que la maison, qu’elles acquirent sur la place, reviendrait à la Ville. Elles l’étendirent par la suite en achetant au Marquis d’Autet une écurie, un treije, et un jardin. En 1684, la première pierre de leur chapelle fut posée. On en voit encore le tracé de pierres dans le jardin de la Tour St Pierre FOURRIER. Cela devint un petit collège qui comptait des pensionnaires et des externes. On y apprit aussi la couture. Ce couvent, comme tous les autres, fut fermé en 1792.
RUE COURNOT CHANGEY :
Du nom de l’Hospice qui se trouve dans cette rue, qui aboutit sur l’avenue Jean Jaurès. Cet établissements pour vieillards encore agiles est dû à la générosité de Madame Marie-Antoinette Julie COURNOT, petite fille d’Augustin COURNOT et de son mari, Gabriel Hubert GUYARD, Marquis de CHANGEY.
Après la mort de son épouse, le Marquis de CHANGEY acheta à Mr Adolphe BAUFFLE le terrain sur lequel s’édifia l’Hospice de vieillards. Le premier des deux bâtiments fut affecté aux hommes, puis les bâtiments suivants furent construits et ils hébergent actuellement 24 hommes et 16 femmes. Ils sont gérés par un Conseil d’Administration de 7 membres.
RUE DES SOUPIRS :
De la rue Moïse Lévy à la place des Casernes. On pourrait croire qu’il s’agit de tendres soupirs des amoureux qui s’y rendaient, mais il semble que l’origine soit tout autre. En effet l’emplacement des cachots de la Ville, autrefois, était contre le grand mur, démoli depuis et où se trouve un entrepreneur de maçonnerie. Les soupirs en question étaient les plaintes qui s’exhalaient parfois hors les murs, et il ne semble pas qu’on s’attardait à les écouter.
RUE DE LA CHARITE :
De la rue des Casernes à la rue Maurice SIGNARD. Autrefois rue des Béguines, nommée rue de la Charité en reconnaissance des soins donnés gratuitement par les Filles de la Charité, dont le local est dans la rue des casernes, face à une petite rue. Les Béguines étaient des femmes pieuses et veuves.
RUE DU RESERVOIR :
De la rue des Casernes à la rue Maurice SIGNARD. Les deux réservoirs qui la dominent ont été installés respectivement en 1838 et 1889 par les architectes Mrs COUVERT et BOUDSON, de Besançon, dont les plans très bien conçus ont permis une fourniture rationnelle d’eau potable à toute la Ville.
TERTRE DU PALAIS :
Permet de descendre de la rue Maurice SIGNARD et de la rue de la Charité à la rue Vanoise. Primitivement appelé ‘’Tertre des Cordeliers’’, il prend le nom de ‘’Petit tertre’’ ou ‘’Tertre du Palais’’, en raison du voisinage du Palais de Justice, lui-même construit avec les pierres des bâtiments du couvent, démolis à la Révolution.
TERTRE DU CHATEAU :
En descendant le Tertre du Palais, à une vingtaine de mètres plus avant dans la rue Vanoise, on peut emprunter le tertre du Château, qui regagne la Ville haute, au pied des murailles du Château, en passant devant la tour du Paravis, et empruntant la rue Pigalle et celle de l’Eglise on regagne la Place Charles de GAULLE, que l’on traverse pour redescendre la . . . . . .
RUE DU MARCHE :
Autrefois ‘’rue du Vieux Marché’’. C’est là que se trouve l’ensemble des bâtiments qui formaient jadis l’important Hôtel d’Ancier, et ses dépendances, qui couvraient à eux seuls plus de la moitié de la rue, jusqu’à une grande partie de la rue des Ursules, où se voit encore la porte, datée du 17ème siècle, qui donne accès à une tour carrée dite ‘’de Saint Pierre FOURIER’’, dont la statue monumentale orne l’angle de la Grande Rue et de la rue du Marché, œuvre du sculpteur GRANDGIRARD.
Tout un ensemble de maisons anciennes entourent l’ensemble formé par la haute maison au toit pointu et ses deux tours carrées à devises : ‘’Le Toit de la Belle Catherine et sa charpente admirable’’. Au fond du couloir du bâtiment adjacent, peu de Graylois connaissent cette pièce unique en France, qu’est le monumental tour de bois à deux étages, qui commande l’entrée d’une pièce autrefois secrète, qui, après avoir servi de refuge à l’ex-Petit Empereur de Besançon, donna asile presque cent ans plus tard à ce petit curé lorrain à l’aspect minable, grand homme par sa fonction de Général des Chanoines de Saint Augustin, conseiller des Ducs de Lorraine, alors en butte à la vindicte du Cardinal de Richelieu, qui les avait chassés de leur Duché. Homme de bien, d’une bonté et d’une charité inépuisable, il institua à Gray des écoles (un collège porte encore son nom), secourut les malades et les malheureux, soutint le moral des Graylois alors assiégés, et hérita par ses hautes vertus de la Béatification, puis de la Canonisation. Son souvenir est perpétué par les chanoinesses de Saint Augustin, dont les établissements d’éducation couvrent le monde entier. Le cœur du ‘’Bon Père’’ est conservé dans l’église de Gray en un reliquaire de vermeil. Objet d’une expertise, il y a une trentaine d’années, en présence du Corps Médical, le cœur de Pierre FOURIER, grand saint et grand homme, était en grande partie, en bon état de conservation. La petite cellule du haut de la Tour va prochainement être à nouveau ouverte au public, à des jours et des heures fixes et, outre les Graylois qui l’ignorent en grande partie, attirera, je pense, de nombreux touristes.
Au milieu de la rue du Marché, au lieu dit :
PLACE DE LA PETITE FONTAINE,
On remarque une colonne monolithique surmontée d’une coupe de bronze. Cette fontaine fut érigée en 1808, sur les plans de l’architecte MIELLE, sous l’administration du Maire DENIZOT (1808 – 1815). Elle était surmontée d’un aigle aux ailes déployées. Plus tard, l’aigle dû céder la place à un autre ornement, et, pour ne pas être obligé de changer le motif à chaque changement de régime, on y plaça la coupe en question . . Sur cette petite place se donnait autrefois la représentation des ‘’mystères’’, puis à certaines époques de l’année s’exécutaient des danses appelées ‘’Valentines’’, accompagnées des scènes les plus burlesques que l’on dut bientôt interdire, tant elles étaient osées.
RUE DE LA PETITE FONTAINE :
De la petite place, la rue de la Petite Fontaine, très courte et bordant les restes de ce qui fut le Couvent des Tiercelines, rejoint la rue Victor HUGO.
Nous terminerons ce périple par la
PLACE DU GENERAL BOICHUT,
Ancienne Place d’Armes ou place des Casernes. Elle porte à présent le nom de Just Victor Edmond BOICHUT fils de Jacques Ferdinand BOICHUT et Marie Augustine Aglaé TISSERAND. Il naquit à Melisey, le 7 Aout 1864. Ses parents étaient quincailliers, et vinrent s’établir à Gray, à l’emplacement de la quincaillerie GUYOT, dans la Grande Rue.
Il fit toutes ses études au Collège de Gray, puis reçu à Polytechnique en 1885, il gravit tous les échelons de l’armée : Général de Brigade en 1915, Général de Division en 1917.
Fidèle compagnon du Général DUBAIL, il fit Verdun, la Lorraine, la Champagne et les Marais de Saint Gond. Il fit les campagnes d’Algérie de 1891 à 1893, le Maroc en 1926.
Lors de l’inauguration de la plaque, le Maire de GRAY donna lecture au Conseil Municipal, de la citation suivante, applaudie à l’unanimité :
‘’Le Maire et les Conseillers adressent à leur concitoyen le Général BOICHUT, ainsi qu’aux héroïques soldats de la France, l’hommage de leur admiration et leur patriotique reconnaissance. La science militaire du Chef et la vaillance de ses troupes ont assuré le triomphe de la civilisation et de la paix
sur celle de la barbarie’’
.
La dernière place de Gray, la moins connue après celle de la République, est la
PLACE AMEDEE DENIS.
Elle se trouve au carrefour des Capuçins, devant le refuge. Amédée DENIS naquit à Gray, dans la rue Vanoise, le 6 Novembre 1846. Sorti du peuple, il ne réussit que par un travail acharné. Il avait des aptitudes réelles à la sculpture et la peinture. Il fit son apprentissage d’artiste chez le Maitre Sculpteur GRANDGIRARD. Ses œuvres figurent à Paris, aux Tuileries, à Bruxelles et à Lille. Célibataire, il voulut aider les malheureux. Par testament, il légua sa fortune pour réaliser, à Gray, le Refuge Maternel, et chargea de l’exécution de ses volontés, l’œuvre de ‘’l’Allaitement Maternel et Refuge aux Filles-Mères’’.
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
Des petites ruelles, sises pour la plupart aux Perrières, portent des noms évocateurs : la RUELLE VALLEY, d’une famille d’avoués et d’avocats estimés à Gray.
A sa suite, traversant l’avenue Lyautey, La RUELLE DE LA CIBLE, probablement l’endroit où se réunissaient les Confrères de l’Arc et de l’Arquebuse, pour effectuer leurs tirs.
Enfin la RUE DU QUART, sans doute à proximité d’un poste de garde, et où s’effectuait la relève.
Enfin le CHEMIN DE LA GRANGE DES CARMES où se trouvaient les fermes de cette Congrégation de religieux. Elle était plus connue autrefois sous le nom de Grange au Médecin, ceci s’explique peut-être par la présence au Moyen Age, du cimetière des pestiférés, sur l’emplacement duquel on a construit des immeubles H.L.M., à proximité de ce chemin.
-=-=-=-=-=-=-=-
Peut-être, après cette petite causerie, verrez vous avec d’autres yeux les rues de notre Ville, moins anonymes, parce que leur histoire vous aura frappé, ou qu’un détail vous aura ému, mais je suis certain qu’aucun de vous n’y aura été insensible, parce qu’au fond, tout ceci fait partie de l’Histoire des Graylois !
Claudius BROCARD
1971
= = = = = = = = = = =